Grippe chez les ratons laveurs: danger de pandémie? Vaccin contre la grippe pour la saison 2008-2009 au Luxembourg.
nov 09

Le vaccin contre la grippe est une arme efficace pour prévenir la transmission et les complications de cette infection. La grippe est la maladie prévenable par la vaccination qui tue le plus de personnes au Québec. L’influenza cause environ 10 000 hospitalisations par an et tue de 1000 à 1500 québécois chaque année. Chaque année le taux de couverture vaccinale des travailleurs de la santé ( infirmières, infirmiers, médecins et tous les autres membres du personnel d’un établissement de santé) laisse à désirer. Environ 47% des travailleurs de la santé acceptent d’être vaccinés contre la grippe chaque année au Québec, alors que le Ministère de la santé et des affaires sociales vise un objectif de 80% qu’il espère atteindre en 2012. Les raisons que les travailleurs de la santé évoquent pour pour refuser d’être vacciné sont les mêmes que celles du public en général:

1. «Je n’ai pas besoin d’être vacciné car je n’attrape jamais la grippe»

Oui, peut-être que votre système immunitaire est encore efficace, ou que vous êtes tout simplement chanceux, mais à mesure que les années passent, et la surcharge de travail aidant, il n’est pas impossible que l’hiver prochain vous attrapiez la grippe. De plus en cas de grippe, vous risquez de contaminer quelqu’un d’autre, un de vos proches ou encore un de vos clients.

2. «La dernière fois que j’ai été vacciné j’ai fait la grippe».

Il s’agit d’une croyance très populaire où le vaccin est accusé de donner la grippe ou du moins de ne pas protéger. Le vaccin contre la grippe actuel est un vaccin dans lequel le virus est fragmenté. Il est donc impossible que le virus puisse se reproduire et infecter la personne. Si quelqu’un a une infection des voies respiratoires après avoir été vacciné, il y a plusieurs autres hypothèses beaucoup plus plausibles pour expliquer la situation:

  • Le vaccin contre la grippe prend environ 2 semaines a protéger la personne vaccinée. Il s’agit du temps nécessaire pour que le système immunitaire produise des anticorps. Si la personne est vaccinée et qu’elle a été en contact avec le virus de la grippe juste avant ou juste après avoir reçu le vaccin, celui-ci risque de ne pas être assez rapide pour conférer une immunité efficace.
  • Il existe plusieurs autres virus qui peuvent donner des symptômes qui s’apparentent à la grippe. Par exemple les virus du rhume, les adénovirus, rhinovirus, virus respiratoires syncitial, le virus para influenza etc. Ces infections peuvent être moins sévères que la grippe avec moins de fièvre . de douleurs musculaires et de céphalées. Par contre cliniquement, elles peuvent être impossibles à distinguer de la grippe.
  • Il est possible d’attraper une grippe qui n’est pas une des 3 grippes contenues dans le vaccin. À chaque année les experts de l’OMS essaient de prédire quel virus de la grippe sera en circulation. Parfois leurs prédictions sont erronées et le vaccin est moins efficace. C’est ce qui est arrivé pendant la saison 2007-2008.
  • Vous pouvez attraper une grippe causée par un virus contenu dans le vaccin mais le vaccin ne peut vous protéger que partiellement. C’est votre système immunitaire qui vous protège suite à la stimulation du vaccin. Si vous être très âgé ou encore si votre système immunitaire est très affaibli le vaccin peut avoir une efficacité moindre ou encore durer moins longtemps (par exemple 4 mois au lieu de 6 mois). Une étude récente a montré que les personnes âgée réagissaient mieux avec un vaccin expérimental où les taux d’antigènes dans le vaccin était 4 fois plus élevé que le vaccin contre la grippe régulier. Même lorsque le vaccin contre la grippe est moins efficace, il n’est pas nécessairement inutile. En effet, il peut alors quand même aider à prévenir les complications de la grippe, comme les surinfections bactériennes, les hospitalisations ou encore la mortalité.

3. Une autre objection que l’on entend souvent contre le vaccin contre la grippe est la liberté individuelle. «J’ai le droit de refuser d’être vacciné , c’est mon choix, je ne suis pas obligé et personne peut m’y obliger». D’ailleurs Michèle Boisclair, vice-présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec ne s’est pas gênée pour dire: «Il y a des gens qui commencent à être réfractaires à recevoir des vaccins de façon régulière, pour toutes sortes de raisons qui leur appartiennent et qu’on n’a pas à juger.»

Accepteriez-vous d’être traité par un travailleur de la santé qui ne se laver pas les mains entre les patients et ainsi d’être exposé au risque d’être infecté par la staphylocoque aureus résistant à la méthicilline (le SARM est l’infection la plus présente au Québec dans les hôpitaux actuellement)? Alors pourquoi accepteriez-vous qu’il vous transmettre la grippe? Si le lavage de mains devrait faire partie des bonnes règles de pratiques dans un établissement de santé alors pourquoi se protéger de la grippe ne serait pas une des responsabilités de ceux qui choisissent comme profession de soigner les autres. Nous ne sommes plus à l’époque où l’innocuité ou l’efficacité du vaccin contre la grippe est à prouver, Mme Boisclair.

La vaccination n’est jamais obligatoire au Québec. Les travailleurs de la santé peuvent refuser d’être vaccinés contre la grippe et c’est souvent un argument que l’on entend de la part des syndicats. Par contre l’employeur a le devoir de protéger la santé de ses employés et en cas d’éclosion de grippe dans un établissement de santé un travailleur qui refuse d’être vacciné et qui refuse un traitement préventif de la grippe pourrait être retourné chez lui sans salaire. Il faut penser que les usagers du système de santé ont aussi le droit de recevoir des soins de façon la plus sécuritaire possible et ceci implique que les travailleurs qui s’en occupent ne devraient pas les exposer à la grippe.

Bref, moins d’un travailleur de la santé sur 2 est protégé contre la grippe, ce taux est souvent moindre que dans certains groupes de la population en général ou par exemple que le taux de couverture vaccinale des bénéficiaires d’un centre hospitalier de soins de longue durée (CHSLD).

La prochaine fois que vous rencontrerez un travailleur de la santé pourquoi ne pas lui demander s’il est vacciné contre la grippe et s’il ne l’est pas lui demander pourquoi.

D’ailleurs si vous faites partie des groupes à risque de complications il faudrait déjà se poser des questions s’il ne vous parle pas du vaccin contre la grippe….

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written by Michel \\ tags: ,

One Ping to “Campagne de vaccination contre la grippe 2008-2009: plusieurs infirmières boudent le vaccin.”

  1. Beaucoup de travailleurs de la santé refuseront le vaccin contre la grippe A H1N1. | Pandémie de grippe Says:

    [...] de son efficacité.  Ce taux n’est pas surprenant si l’on considère qu’environ 47% des travailleurs de la santé au Québecqui devraient recevoir le vaccin contre la grippe saison…. Les chiffes sont semblables ailleurs dans le monde.  L’objectif du ministère est de [...]


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