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mai 30
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Le Canada et les États-Unis sont très souvent impliqués dans la transmission de la grippe porcine A H1N1 dans le monde. En effet, comme les voyages au Mexique sont limités et que le Canada et les États-Unis sont les 2 autres pays les plus touchés par l’épidémie de grippe porcine A H1N1, il arrive fréquemment que les premiers cas de grippe H1N1 dans un pays soient des voyageurs canadiens ou encore des voyageurs qui reviennent du Canada ou des États-Unis.
Plusieurs pays ont adopté des politiques de contrôle de la grippe porcine a H1N1 strictes comme une enquête épidémiologique pour tous les cas, l’isolement des cas à domicile ou même à l’hôpital, le traitement des cas avec un antiviral comme le Tamiflu et la prophylaxie aux contacts.
Mais lorsque le nombre de cas augmente significativement, les mesures de contrôle individuelles sont souvent modifiées et des mesures «populationnelles» sont alors recommandées. Plusieurs pays ferment des écoles. On sait que la transmission de la grippe débute souvent dans les écoles. L’OMS n’a pas recommandé de mesures spécifiques pour les voyageurs comme par exemple d’éviter d’aller dans certains pays. On se demande qu’elles seraient les recommandations si au lieu du Mexique , du Canada et des États-Unis, les 3 pays les plus touchés étaient Haïti, la Corée du Nord et le Pakistan.
Le prétexte pour justifier le passage de mesures de contrôle individuelles strictes à des mesures populationnelles est habituellement le fait que le virus est peu virulent, que les symptômes s’apparentent à ceux de la grippe saisonnière et que le nombre de personnes hospitalisées et de décès est minime.
Par contre:
- la grippe saisonnière tue environ 1000 à 1500 personnes par année au Québec; 35 000 personnes par années aux États-Unis et environ 1500 à 5000 personnes par année en France; donc comparer la grippe porcine H1N1 à la grippe saisonnière pour justifier qu’elle n’est pas dangereuse ne reflète pas la réalité. À titre de comparaison le bilan des morts sur la route en 2007 au Québec s’élevait à 608 décès, soit 2 fois moins que le nombre de décès dus à la grippe, et pourtant personne n’a osé dire que c’était un problème bénin. On devrait plutôt dire que la grippe saisonnière est aussi dangereuse que la grippe porcine A H1N1…
- étant donné que le virus H1N1 est nouveau, moins de personnes sont immunisés contre ce virus comparativement à la grippe saisonnière annuelle. On prévoit qu’environ 2 fois plus de personnes pourraient faire la grippe car peu ont des anticorps. Il serait logique de penser que si 2 fois plus de personnes font la grippe, le nombre de complications et de décès seraient multiplié par 2.
- selon le dernier bilan de l’OMS le nombre de cas de grippe porcine A H1N1 est de 15510 dans le monde comparativement au nombre de cas de grippe avaire qui est de 36 cas pour 2009.
- au total le nombre de cas de grippe aviaire depuis 2003 est de 431 alors qu’en seulement 2 mois la grippe porcine A H1N1 a été confirmée chez 35 fois plus de personnes (15510) dans le monde
- le nombre de décès causés par le grippe porcine A H1N1 pour 2009 est de 99 selon l’OMS (et probablement plus) tandis que le nombre de décès pour la grippe aviaire pour l’année 2009 est de 12, soit 8 fois moins
- la grippe avaire n’est présente que dans quelques pays en 2009: Chine, Égypte et Viet Nam. Alors que des cas de grippe porcine A H1N1 ont été confirmés dans plus de 53 pays dans le monde.
- la grippe porcine se transmet facilement entre les humains; la grippe avaire ne se transmet que rarement entre les humains.
- le nombre de nouveaux cas de grippe aviaire est en diminution constante tandis que le nombre de nouveaux cas de grippe porcine A H1N1 est en nette progression (environ 1000 nouveaux cas par jour).
Selon les définitions de la phase 6, celle-ci correspond à la pandémie comme telle et signifie que la transmission de la grippe entre les humains se fait de façon efficace et soutenue, ce qui implique en 2 continents différents. Celà donne à penser que nous pourrions être en phase 6 si l’on tient compte de la transmission de la grippe porcine A H1N1 au Japon. Les experts de l’OMS sont hésitants à passer à la phase 6 sous prétexte que le virus n’est pas très virulent. Pourtant la virulence n’était pas retenue comme un critère d’évaluation pour le changement d’une phase à l’autre. De plus, si l’on se fie aux recommandations émises par plusieurs pays, la gestion de la grippe à plusieurs endroits dans le monde correspond déjà à ce qui serait fait en phase 6. Alors pourquoi ne pas officialiser le changement à la phase 6?
Le système de classification de l’OMS est peut-être désuet et selon certains mériterait une mise à jour qui tiendrait compte de la virulence. De plus l’épidémiologie des cas de grippe, la disparité entre le nombre de cas en Amérique du nord et l’absence dans d’autres pays, suggère que tous les pays ne sont pas à la même phase en même temps.
On peut se questionner aussi sur le manque de recommandations pour les voyages en pays endémiques. Comme certains pays ne recommandent plus le dépistage systématique de tous les cas symptomatiques, le nombre de cas réels est certainement bien au dessous de la réalité. Alors il est impossible de regarder la tableau des nombres de cas de l’OMS et de se dire que le tel pays est plus au moins à risque que tel autre. De plus les pays qui ont les moyens technologiques de diagnostiquer leur cas de grippe porcine A H1N1 sont victimes de leur compétence. Comment peut-on comparer le nombre de cas de grippe porcine A H1N1 aux États-Unis et le nombre de cas en Somalie? Il existe des tests rapides facilement utilisables. Est-ce que les pays bien nantis ne devraient supporter la surveillance dans les pays en voie de développement? On a déjà pensé à envoyer des doses de Tamiflu à prix réduit dans ces pays et même des vaccins alors pourquoi pas des moyens de surveillance plus adéquats. La gestion efficace passe par la connaissance de la situation réelle et actuellement cette information n’est pas disponible.
Alors les questions à se poser sont: quelle est vraiment la situation actuelle de cette infection dans le monde et pourquoi continue-t-on à minimiser la menace de la grippe porcine A H1N1?
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