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juin 11
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Le comité des experts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) vient d’annoncer qu’il relève son niveau d’alerte pour le grippe porcine A H1N1. Le 11 juin 2009 marquera le début officiel de la première pandémie du XXIe siècle. C’est la confirmation que les épidémies actuelles de grippe porcine A H1N1 sont bel et bien en réalité une pandémie. Nul doute que les différentes autorités de santé publique voudront rassurer les populations en mettant l’emphase sur le peu de virulence du virus actuel qui est comparé au virus de la grippe saisonnière.
Les experts de l’OMS préparaient le terrain depuis plusieurs jours. Mardi le 9 juin 2009, le numéro deux de l’organisation Keiji Fukuda avait reconnu que « nous en (étions) vraiment très, très près » d’une pandémie de grippe.
Pour passer de la phase 5 à la phase 6, l’OMS attendait avoir la preuve que le virus A H1N1 se transmettait facilement entre les humains dans une autre région qu’en Amérique du nord. C’est fait.
Mercredi le 10 juin, la première dirigeante de l’OMS, lors d’ une conférence téléphonique avec les 8 pays les plus affectés au monde, devait vérifier si nous avions bel et bien des preuves de transmission locale du virus. Aujourd’hui elle doit partager ses informations avec les experts du comité.
Si l’on se fie à la situation mondiale actuelle, l’Australie avec ses 1224 cas confirmés et le Chili avec ses 1694 cas, dont 1283 nouveaux cas confirmés en seulement 2 jours, sont bel et bien des preuves de la transmission du virus entre les humains.
Le Dr Keiji Fukuda, numéro deux de l’OMS, avait déjà admis le 9 juin 2009 la « transmission locale » du virus d’origine porcine, aviaire et humaine dans l’Etat du Victoria en Australie.
La directrice générale de l’OMS Margaret Chan, ne pouvait logiquement qu’en venir à la conclusion que les critères pour annoncer la passage de la phase 5 à la phase 6 étaient remplis.
La définnition des niveaux d’alerte de l’OMS est contestée depuis les dernières semaines. Plusieurs y reprochant le manque d’importance donné à la virulence du virus de la grippe et le trop d’emphase mis sur la transmissibilité. On a mentionné que le système devait être révisé pour ne pas risquer d’alerter inutilement la population. Il semble que ce sera pour la prochaine pandémie car le nombre de cas évolue si rapidement que l’OMS n’aura d’autre choix que de se contenter de l’actuelle définition pour cette fois-ci.
D’ailleurs le passage à la phase 6 marque l’emphase qui sera mise sur les mesures populationnelles plutôt qu’individuelles. Étant donné le grand nombre de cas, et le peu de sévérité de la maladie, on multipliera les messages à la population. Comment prévenir la grippe porcine A H1N1, quoi faire en cas d’infection.
Toutes ces mesures visent à essayer de retarder la progression du virus de la grippe en attendant le nouveau vaccin prévu l’automne prochain.
En pratique, le nombre de cas confirmés de grippe A H1N1 étant très variable d’un pays à l’autre, certains pays pourraient juger avantageux de poursuivre leur gestion individuelle de leurs premiers cas ( enquête, isolement des cas, traitement, surveillance des contacts , prophylaxie aux contacts vulnérables etc). À l’inverse, d’autres pays ont déjà annoncé des mesures qui s’apparentent déjà beaucoup plus à la phase 6 qu’à la phase 5. Par exemple au Canada, certaines provinces ne recommandent plus de tests aux personnes qui semblent n’avoir que des symptômes bénins et se contentent plutôt de conseils généraux à la population.
Espérons que la rencontre du virus de la grippe porcine A H1N1 et de celui de la grippe avaire H5N1, ou de tout autre virus plus virulent, n’aura pas lieu et que le critère de la virulence continuera d’être un sujet de controverse.
Source: AFP
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