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août
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Quel est l’impact de la grippe saisonnière et de la grippe A H1N1 et quels sont les enjeux?
Quelle est l’importance d’un vaccin contre la grippe A H1N1?
Quelle est l’efficacité du vaccin contre la grippe saisonnière?
Est-ce qu’il existait un vaccin prépandémique contre la grippe H5N1?
Qui fabrique des vaccins contre la grippe?
À quoi serviront les essais cliniques avec les vaccins contre la grippe A H1N1?
Quels seront les effets secondaires du vaccin contre la grippe A H1N1?
Quand les nouveaux vaccins contre la grippe A H1N1 seront-ils prêts ?
D’où vient la souche du virus A H1N1 utilisée pour la production du vaccin?
Qui devrait recevoir le vaccin contre la grippe A H1N1?
Est-on sûr que les futurs vaccin contre la grippe A H1N1 seront toujours efficaces à l’automne ?
Quel est l’impact de la grippe saisonnière et de la grippe A H1N1 et quels sont les enjeux?
La pandémie de grippe 2009, qui est la première du XXI siècle, verra plusieurs innovations technologiques. C’est la première fois que des antiviraux agissant sur le neuraminidase sont utilisés. Jamais il n’y a eu une telle frénésie pour la production d’un vaccin contre la grippe. Il faut dire que l’enjeu est de taille. On prévoit qu’environ jusqu’à 30% de la population pourrait être infectée par le nouveau virus de la grippe A H1N1 dans les prochains mois. Le décompte des morts, qui est déjà de 1945, va certainement s’alourdir. À chaque année la grippe tue environ 500 000 personnes dans le monde soit en moyenne 10 000 personnes par semaine ou environ 1 personne à la minute. On prévoit que le bilan pourrait tripler avec le virus de la grippe a H1N1.
Quelle est l’importance d’un vaccin contre la grippe A H1N1?
La moyenne d’âge des personnes qui présentent des complications de la grippe A H1N1 ou qui en décèdent se situe aux alentours de 23 ans. Ce n’est pas le groupe d’âge habituellement le plus touché par la grippe saisonnière. Les experts de certains pays mettent en garde contre l’utilisation non contrôlée de Tamiflu particulièrement chez les enfants qui peuvent être susceptibles de présenter des effets secondaires. Les inquiétudes concernent particulièrement les pays qui distribuent des antiviraux comme le Tamiflu par suite à des évaluations téléphoniques ou par Internet. On craint que l’utilisation exagérée d’antiviraux comme le Tamiflu ne favorise l’émergence de résistances. D’autres experts ont réitéré leur accord avec le traitement des jeunes enfants atteints par le virus de la grippe A H1N1 à cause de leurs risques de complications. Un vaccin contre la grippe A H1N1 permettrait de prévenir l’infection avant qu’elle ne se produise. Ainsi on pourrait éviter l’utilisation d’antiviraux sur simple appel téléphonique. Bref, tout est en place pour l’arrivée d’un nouveau vaccin contre la grippe A H1N1.
Quelle est l’efficacité du vaccin contre la grippe saisonnière?
L’efficacité du vaccin dépend de l’âge et de l’immunocompétence de la personne vaccinée ainsi que du degré de similitude entre les souches circulantes de virus et celles qui sont incluses dans le vaccin. Un vaccin contre la grippe prend environ 2 semaines à protéger la personne vaccinée. C’est le temps que prend son système immunitaire à fabriquer des anticorps.
Selon les différentes études consultées l’efficacité du vaccin contre la grippe saisonnière varie de 30% à 90%. En général plus la personne est jeune (< 65 ans) et en santé, plus son système immunitaire fabriquera d’anticorps et plus le vaccin sera efficace pour la protéger de la grippe. L’efficacité du futur vaccin contre la grippe A H1N1 est actuellement inconnue.
Est-ce qu’il existait un vaccin prépandémique contre la grippe H5N1?
Les pandémies de grippe sont cycliques aux 10 à 40 ans. On attendait une éventuelle pandémie de grippe et les compagnies pharmaceutiques le savaient depuis longtemps. Certaines avaient même commercialisé des vaccins qu’elles appelaient «prépandémiques». À l’époque on prévoyait que la prochaine pandémie de grippe serait causée par le virus de la grippe aviaire H5N1. Des pays d’Europe avaient même stocké de tels vaccins prépandémiques. Mais le sort a voulu que l’actuelle pandémie soit causée par un virus différent, celui de la grippe porcine ou grippe A H1N1. Il n’en fallait pas plus pour que la course au vaccin contre la grippe recommence.
Qui fabrique des vaccins contre la grippe?
La fabrication d’une vaccin exige des investissements de plusieurs millions de dollars ainsi qu’une expertise technologique hors du commun. Peu d’entreprises peuvent prétendre avoir les compétences nécessaires pour entrer dans cette lutte de marché. Les vaccins contre la grippe saisonière sont fabriqués par une vingtaine de compagnies pharmaceutiques. Les 3 plus importants fabricants sont: le britannique GlaxoSmithKline (GSK), le suisse Novartis et le français Sanofi Pasteur.
À quoi serviront les essais cliniques avec les vaccins contre la grippe A H1N1?
Sept fabricants qui ont démarré des essais cliniques dans au moins cinq pays : Chine, Australie, Royaume-Uni, Allemagne et Etats-Unis.
Sanofi fera 2 essais, un en Amérique qui est déjà commencé, et l’autre qui ve débuter dans quelques semaines en France et en Finlande.
Les essais servent à répondre aux questions suivantes:
- quelle est la dose optimale de vaccin pour provoquer la meilleure réponse immunitaire?
- devra-t-on donner une ou 2 doses? (Étant donné qu’il s’agit d’un nouveau virus il est probable que l’on doive administrer 2 doses de vaccin)
- s’il faut donner 2 doses quel sera l’intervalle entre ces doses?
- devra-t-on ajouter un adjuvant pour optimiser la réponse immunitaire?
La question de l’adjuvant et du nombre de doses est fondamentale pour savoir combien de personnes pourraient être vaccinées avec une dose donnée d’antigène. Un calendrier à une dose doublerait le nombre de personnes qui pourront être vaccinées.
Quels seront les effets secondaires du vaccin contre la grippe A H1N1?
Malgré la forte demande pour un vaccin contre la grippe, certains ont déjà décidé qu’ils ne se feraient pas vacciner. On invoque le manque de données sur les effets secondaires possibles pour refuser la vaccination. En effet, les études ne dureront que quelques semaines et seront faites sur quelques milliers d’individus. Elles n’auront pas la puissance nécessaire pour mettre en évidence un effet secondaire rare, d’ailleurs elles ne l’ont jamais. Il faudra poursuivre une surveillance post commercialisation si l’on veut identifier des effets secondaires rares reliés au nouveau vaccin contre la grippe A H1N1.
Les effets secondaires du vaccin contre la grippe saisonnière sont les suivants:
- >50%: douleur locale au site d’injection
- 10% à 49%: rougeur ou oedème local; douleurs musculaires, maux de tête, fatigue
- 1 à 9%: fièvre, frissons, douleurs articulaires ou malaises (surtout lors du premier vaccin), syndrome oculorespiratoire ou SOR ( rougeur des yeux, mal de gorge, gène respiratoire, toux
- 1 à 9 pour 1000: oedème facial (SOR), nausées, étourdissements
- 1 à 9 pour 10000: plaques rouges avec démangeaisons sur le corps
- 1 à 9 pour 100000: réaction allergique grave de type anaphylactique
- 1 à 9 pour 1 000 000: syndrome de Guillain et Barré
Les nouveaux vaccins contre la grippe A H1N1 augmenteront-ils le risque de faire un syndrome de Guillain et Barré (SGB)?
Le syndrome de Guillain et Barré est une sorte de paralysie ascendante qui débute aux membres inférieurs pour monter progressivement. Dans les formes graves elle peut se compliquer de paralysie des muscles respiratoires et la personne atteinte devra alors être placée sous respirateur artificiel. La paralysie peut être irréversible. Certaines infections sont associées à une augmentation du risque du syndrome du Guillain Barré, comme les infections à campylobacter.
Un vaccin contre la grippe porcine a déjà été associé à une augmentation du risque de SGB en 1993-1994. Les Américains avaient alors enregistré 74 cas de SGB en 1994, en forte hausse sur 1993 (37 cas). Compte tenu de la rareté de la maladie une recherche est entreprise. Il en ressort que seuls 20 à 40 cas pouvaient faire l’objet d’une association potentielle à la vaccination. En 1998, un travail de l’Université du Maryland estime le risque « entre 1 et 2 cas pour 1 million de sujets vaccinés et par an. »
Contrairement au vaccin utilisé contre la « grippe porcine » en 1976-1977 chez les adultes, les vaccins subséquents préparés à partir d’autres souches virales n’ont jamais été clairement associés à une fréquence accrue du syndrome de Guillain et Barré (SGB). Une augmentation du risque global de ce syndrome a été observée au cours des 6 semaines suivant la vaccination, durant les saisons 1992-1993 et 1993-1994 aux États-Unis. D’après ces différentes études, le risque absolu de SGB au cours de la période suivant la vaccination est d’environ 1 cas de plus par million de personnes vaccinées tandis que l’incidence attendue dans la population adulte est de 10 à 20 cas par million.
Est-ce que le nouveau vaccin contiendra un adjuvant, quel sera son rôle et y aura-t-il des risques associés?
Un adjuvant est une substance chimique qui est utilisée pour rendre le vaccin plus efficace et qui peut permettre d’utiliser une dose d’antigènes plus faible.
Certaines compagnies auront recours à un adjuvant dans leur vaccin contre la grippe A H1N1. La question est de savoir l’impact que pourrait avoir un nouvel adjuvant sur les maladies autoimmunes qui sont justement causées par un dérèglement du système immunitaire.
Un adjuvant, le AS03 utilisé pour le vaccin préparé par GlaxoSmithKline (GSK), permet d’utiliser de très faibles doses d’antigène, multipliant ainsi le nombre de doses possibles. Des tests sur un prototype de vaccin contre la grippe aviaire H5N1 utilisant cet adjuvant ont montré que le produit pouvait être efficace même en cas de mutation légère du virus. GlaxoSmithKline (GSK) a déjà utilisé cet adjuvant dans son vaccin Prepandrix destiné à protéger contre le virus H5N1 et dans son vaccin contre la grippe saisonnière Fluarix.
Alors que rien ne prouve actuellement qu’un tel adjuvant est dangereux, le système de surveillance qui sera en place devra garantir que les personnes qui ont une maladie autoimmune ( diabète, hypothyroidie, arthrite, sclérose en plaques, etc) ne verront pas leur problèmes s’aggraver.
Quels seront les effets secondaires à long terme du nouveau vaccin contre la grippe A H1N1?
Enfin on se questionne sur les effets secondaires possibles à long terme non pas parce qu’il y a des indices qu’il puisse y avoir un problème, mais parce qu’aucune étude à long terme ne pourra être menée avec le nouveau vaccin lui-même. Si l’on se fie à la surveillance des effets secondaires des autres vaccins contre la grippe saisonnière déjà commercialisés depuis plusieurs années, rien ne nous indique actuellement que le vaccin contre la grippe A H1N1 puisse avoir des effets secondaires à long terme. La surveillance post commercialisation permettra de s’en assurer avec plus de certitude.
Tous ces questionnements prennent de l’ampleur du fait que la virulence du nouveau virus de la grippe A H1N1 est souvent comparée à la virulence du virus de la grippe saisonnière. Si la virulence augmentait, sans doute que beaucoup plus de personnes jugeraient que les avantages possibles (protection contre la grippe) l’emportent sur les éventuels inconvénients (risque d’effets secondaires).
D’où vient la souche du virus A H1N1 utilisée pour la production du vaccin?
Tous les vaccins sont fabriqués à partir de la même souche virale qui leur a été acheminée fin mai par l’OMS avec les réactifs qui servent à évaluer l’efficacité du vaccin. Les protéines de surface du virus de la nouvelle grippe A H1N1 (soit le H1 et le N1) sont «greffées» sur une souche de virus de la grippe inofensif. Ce n’est donc pas le virus réel de la grippe A H1N1 mais un hybride non pathogène. La méthode classique pour multiplier le virus de la grippe est sur des oeufs de poule mais une nouvelle méthode utilisant la culture sur cellules sera aussi employée par certaines compagnies pharmaceutiques.
Qui devrait recevoir le vaccin contre la grippe A H1N1?
Les experts des États-Unis recommandent que les personnes suivantes reçoivent le nouveau vaccin contre la grippe A H1N1:
- les femmes enceintes,
- les personnes qui vivent ou prennent soins d’enfants de moins de 6 mois,
- les travailleurs de la santé et le personnel d’urgence,
- les personnes entre 6 mois et 24 ans et
- les personnes entre 25 et 64 ans qui ont des facteurs de risque comme une maladie chronique ou un système immunitaire compromis.
Si le vaccin contre la grippe A H1N1 n’est pas disponible pour tout le monde en même temps,ils recommandent que les personnes suivantes reçoivent le vaccin avant les autres:
- les femmes enceintes,
- les personnes qui vivent ou prennent soins d’enfants de moins de 6 mois,
- les travailleurs de la santé et le personnel d’urgence en contact direct avec les patients,
- les enfants entre 6 mois et 4 ans,
- les enfants entre 5 ans et 18 ans qui ont des maladies chroniques.
Ensuite ,une fois ces personnes vaccinées, le vaccin devrait être offert à toutes les personnes entre 25 et 64 ans. Une fois tous ces groupes vaccinés les personnes âgées de 65 ans et plus pourraient se faire offrir le vaccin. Les données de surveillance actuelles suggèrent que ce groupe d’âge est moins susceptible au virus de la grippe A H1N1.
Les personnes de 65 ans et plus devraient recevoir le vaccin contre la grippe saisonnière dès qu’il sera disponible.
Est-on sûr que les futurs vaccin contre la grippe A H1N1 seront toujours efficaces à l’automne ?
Les vaccins contre le virus de la grippe A H1N1 actuellement en production seront probablement efficaces contre le virus A H1N1 qui sera en circulation cet automne. Il faudrait que le virus de la grippe mute substantiellement pour que le vaccin devienne inefficace. De plus comme déjà mentionné, les vaccins qui auront un adjuvant pourraient être plus efficaces à l’occasion d’une légère mutation du virus de la grippe.
Quand les nouveaux vaccins contre la grippe A H1N1 seront-ils prêts ?
Il faut de cinq à six mois avant qu’un vaccin contre la grippe ayant reçu autorisation de mise sur le marché soit livré. La préparation et la vérification de la souche utilisée pour le vaccin prennent jusqu’à deux mois. La fabrication et le contrôle qualité des premiers lots, destinés aux essais cliniques, prend neuf semaines.Les essais cliniques nécessitent au moins quatre semaines. Par la suite il faut que le vaccin soit autorisé. Dans le cas du vaccin contre le virus de la grippe A H1N1 des procédures exceptionnelles devraient accélerer le délai requis pour l’autorisation. Habituellement le délai est plus long s’il s’agit d’un nouveau vaccin comparativement au délai dans le cas d’un changement de souche virale dans un vaccin contre la grippe déjà approuvé.
Les compagnies pharmaceutiques rivalisent d’ingéniosité pour annoncer qu’elles sont en tête de liste dans la course au vaccin contre la grippe pandémique. On annonce être les premiers à avoir fabriqué le vaccin servant aux tests cliniques ou encore être les premiers à débuter ces tests. Des retards semblent avoir été causés par le fait que le virus de la grippe porcine A H1N1 est partiellement d’origine aviaire et que cette particularité complique sa culture sur des oeufs de poule. Sanofi Pasteur a annoncé qu’elle disposerait pense disposer des premiers résultats des essais cliniques en octobre. D’autres fabricants pourraient être plus avancés.
La meilleure façon de prévenir une infection est de bien la connaître. Nous vous suggérons les pages suivantes pour plus d’informations:
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- symptômes, traitement et complications de la grippe A H1N1 pendant la grossesse: ce que les femmes enceintes devraient savoir.
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Références: LeMonde Paul Benkimoun et Protocole d’immunisation du Québec