août 27

Le virus de la grippe A H1N1 est en train de causer la première pandémie du XXI siècle. On entend un peu partout les autorités de santé publiques dire que le virus A H1N1 a la même virulence que le virus de la grippe saisonnière. On se plait à comparer les 2 virus en pensant ainsi rassurer la population.

Pourtant les deux  virus de la grippe diffèrent sur plusieurs points. Premièrement, le virus de la grippe saisonnière ne se modifie que très peu d’une année à l’autre. Il  subit des mutations mineures, appelées glissement antigéniques (drifts antigéniques). Comme il peut revenir d’une année à l’autre sous une forme peu modifiée, la population reste partiellement protégée et le nombre de nouveaux cas est limité. Globalement, l’immunité conférée par l’exposition au précédent virus permet une protection relative face à la nouvelle variété émergente.

Le phénomène de cassure antigénique, qui est potentiellement plus grave, serait à l’origine des pandémies. Lorsque le virus de la grippe subit une cassure antigénique (shift),  le virus est alors modifié de façon plus substancielle. À cause de cette modification plus importante du virus, les anticorps ne peuvent plus le reconnaître et ainsi une proportion plus grande personnes deviennent susceptibles de contracter la grippe. Si cela se produit et que l’infection atteint plusieurs pays dans le monde et se transmet facilement entre les humains, on parle alors de pandémie de grippe. C’est ce qui se passe actuellement avec le virus de la grippe A H1N1.

Alors que la grippe saisonnière arrive à l’automne en une seule vague. Une pandémie de grippe se présente  souvent sous la forme de 2 ou 3 vagues successives avec des périodes d’acalmie. La grippe pandémique peut souvent débuter pendant l’été ou à la fin du printemps. Classiquement la première vague est de moindre importance ( moins de personnes malades et symptômes moins intenses) que les suivantes. Selon ce modèle, nous serions probablement entre la première et la deuxième vague.

Étant donné que plus de personnes risquent d’attrapper le virus de la grippe, le nombre de personnes infectées est plus important avec un virus de la grippe pandémique comme le virus A H1N1 que lors d’une saison grippale régulière. Le nombre plus important de personnes malades, certains disent que jusqu’à 3 fois plus de personnes font la grippe que lors d’une pandémie. Cette augmentation entraîne une augmentation proportionnelle du nombre de décès et de complications.

La virulence du virus de la grippe est souvent comparée à celle du virus de la grippe saisonnière. Il y a plusieurs façons de mesure la virulence de la grippe: le taux d’hospitalisations, le taux de de complications et leur nature ou encore le taux de décès. Grosso modo le virus de la grippe tue de 3 façons. Il peut aggraver une condition médicale préexistante, par exemple une maladie pulmonaire chronique. La grippe peut aussi  se compliquer d’une surinfection bactérienne, souvent une pneumonie. Cette complication peut être traitée avec des antibiotiques. Ces deux premières façons qu’utilise le virus de la grippe pour tuer son hôte expliquent pourquoi les personnes agées et les personnes aux prises avec des maladies chroniques sont souvent parmi les victimes de la grippe pandémique ou de la grippe saisonnière. Enfin le virus de la grippe peut aussi occasionner directement la mort par ce qu’on appelle le syndrome de détresse respiratoire aiguë. C’est cette complication que nous voyons le plus souvent actuellement. Elle touche souvent les plus jeunes et selon certaines études récentes, le virus de la grippe A H1N1 entraînerait plus de complications chez les obèses et les femmes enceintes que ce qui avait été observé avec le virus de la grippe saisonnière.

Une autre difficulté rencontrée lorsque l’on veut évaluer le taux de mortalité de la grippe est d’avoir un dénominateur, c’est-à-dire le nombre de personnes malades. Ce nombre est très difficiles à obtenir car les personnes ne consultent pas toutes, certaines peuvent même faire la grippe sans s’en rendre compte et de plus les personnes qui consultent n’ont pas toutes un test pour prouver qu’elles  sont bien infectées par le virus de la grippe A H1N1.

Malgré toutes ces difficultés, il est possible d’estimer le nombre de personnes infectées par le virus A H1N1 dans une population et par conséquent de calculer le taux de mortalité du virus. Dans le cas de la mortalité directe,  des données récemment publiées dans PLoS suite à des observations en Nouvelle-Calédonie et à l’île Maurice, portent à croire que le taux de mortalité par syndrome de détresse respiratoire aiguë serait d’environ 1 décès par 10 000 personnes infectées. Ce taux serait ainsi  100 fois supérieur à ce qui est observé normalement avec le virus de la grippe saisonnière. Il s’agit d’une différence importante entre le virus de la grippe saisonnière et le virus de la grippe pandémique.

La meilleure façon de prévenir une infection est de bien la connaître. Nous vous suggérons les pages suivantes pour plus d’informations:

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