sept 06

Nous sommes en pleine pandémie de grippe A H1N1. Bien que le virus de cette première pandémie de grippe du XXIe siècle soit moins virulent que prévu, les prédictions des experts laissent quand même entrevoir des menaces à la santé de la population. Le nouveau virus de la grippe A H1N1 n’est peut-être pas si bénin que les autorités l’ont affirmé. Dans leur empressement à vouloir rassurer la population on n’a cessé de comparer le virus de la grippe «porcine» A H1N1 avec ce lui de la grippe saisonnière. Les observations récentes ont montré que le risque de syndrome de détresse respiratoire aiguë chez une personne infectée par le nouveau virus A H1N1 semble bien supérieur à celui d’un individu infecté par le virus de  la grippe saisonnière. De plus, il y a beaucoup plus de risque d’être infecté par une grippe A H1N1 que par une grippe saisonnière. Les virus de la grippe saisonnière se ressemblent un peu et la protection contre un virus de l’année précédente  pourrait protéger partiellement contre la grippe de l’année suivante. Cette protection partielle n’existe pas avec le virus A H1N1. Enfin on a remarqué que les femmes enceintes, les personnes obèses et certains peuples autochtones semblaient avoir un prédisposition aux complications du virus A H1N1.

Bien que les mesures de santé publique continuent de se vouloir rassurantes on ne demande pas moins aux entreprises de prévoir un plan de pandémie. Certaines grandes entreprises ont déjà leur plan. Mais les petites et moyennes entreprises manquent souvent des ressources nécessaires. On veut que la société continue à fonctionner, que les écoles restent ouvertes, que les garderies  reçoivent les enfants et que les entreprises continuent d’offrir leurs services. Mais il y a un prix à payer pour continuer à travailler en temps de pandémie. L’absentéisme sera probablement le problème majeur auquel les entreprises devront faire face. Jusqu’à 30% du personnel pourrait devoir s’absenter, soit parce qu’il est contagieux, ou trop malade pour venir travailler ou encore parce qu’il doit prendre soin d’un proche qui est malade. Il existe des moyens de rendre les milieux de travail moins propices à la transmission du virus de la grippe. D’autres moyens peuvent permettre à ceux qui restent de se concentrer sur les services essentiels à la survie de l’entreprise. Quel que soit la grosseur d’une entreprise, tout plan de pandémie devrait contenir certaines mesures de bases essentielles. Ces points communs sont basés sur la connaissance actuelle du virus de la grippe A H1N1, de ses caractéristique de transmission et de sa virulence. Chacune de ces recommandation devra être modulés par la situation réelle: grosseur de l’entreprise, moyens disponibles, caractéristiques des employés et épidémiologie du virus A H1N1 dans la région. Plusieurs autres pages de renseignements peuvent servir à peaufiner et adapter les recommandations au contexte épidémiologique et à la réalité. Dans le contexte actule de pandémie connue depuis déjà plusieurs mois, un employeur qui n’aurait aucun plan de préparation à une pandémie de grippe risque d’être  accusé de négligence.

Plan de pandémie de grippe

Un plan de pandémie de grippe récent ou révisé récemment devrait être connu de tous les employés.

Une campagne d’information devrait y être préciser afin de renseigner tous les employés sur les mesures adoptées par l’entreprise. Il faut miser sur la responsabilisation de chaque employé pour limiter la propagation du virus de la grippe. Des affiches devraient être installées aux endroits stratégiques comme à toutes les portes d’entrée. Elles devraient contenir l’information pour les personnes qui auraient des symtômes d’allure grippale, par exemple de la fièvre et de la toux. Ces personnes qui ont des symptômes ne doivent pas entrer dans l’entreprise. Les personnes asymptomatiques devraient se laver les mains avant de pénétrer dans l’entreprise. Du gel alcoolisé doit être disponible à tous les endroits stratégiques comme à toutes les portes d’entrée et aux portes des salles de réunion. Les entreprises qui en ont les moyens pourraient prévoir une personne qui serait chargée de vérifier si chaque travailleur qui entre dans l’entreprise a des symptômes compatibles avec la grippe. Il peut s’agir par exemple, d’une réceptionniste ou d’un gardien de sécurité. Pour faciliter la gestion des employés, ceux-ci pourraient entrer tous par la même porte. Les consignes données à la personne qui fait le triage à la porte d’entrée doivent être très claires. Par exemple, les symptômes qui rendent une personne potentiellement contagieuses doivent être clairement définis (par exemple fièvre >38 C avec toux ou mal de  gorge). Au besoin cette personne doit savoir quoi faire avec les cas ambiguës. Elle pourrait par exemple contacter une infirmière, un médecin ou son supérieur ou encore demander à la personne malade de se faire examiner.

Mesures d’éloignement social

Les réunions non essentielles devraient être reportées ou annulées. Les moyens de communications comme le téléphone et le courrier électronique devraient être favorisées. Il ne faut pas oublier que la contagiosité d’une personne atteinte de la grippe A H1N1 commence 24 heures avant le début des symptômes. La contagiosité se termine 7 jours après le début des symptômes ou à la fin des symptômes selon ce qui survient en premier.

Les réunions devraient être brèves. Les poignées de mains devraient être évitées. Les participants aux réunions devraient être assis à au moins 2 mètres les uns des autres. C’est la distance maximale que peuvent voyager les gouttelettes  lorsque quelqu’un tousse ou éternue.

Au besoin, le télétravail devrait être rendu plus accessible. Il ne faut pas oublier qu’une personne contagieuse n’est pas nécessairement très malade et qu’elle pourrait peut être travailler de la maison. De plus les personnes qui devront s’absenter pour aider un proche pourraient avoir des disponibilités pour offrir des heures de travail. Il ne faut pas oublier que l’absentéisme sera la manifestation principale de la pandémie de grippe. Les politiques qui encadrent le travail à la maison, les congés et l’absentéisme doivent être déjà claires et entendues.

Les déplacements qui exposeraient les employés à des espaces restreints possiblement contaminés par des individus contagieux devraient être évités. Ainsi les voyages en avion ou en autobus pourraient représenter un risque d’infection et par conséquent de contamination du personnel.

Si l’ entreprise comporte des risque d’exposition important au virus de la grippe pour certaines personnes qui pourraient être enceintes , il faut prévoir que celles-ci sont particulièrement vulnérables aux complications de la grippe et qu’elles pourraient avoir droit à une réaffectation à un poste moins à risque.

Mesures de contrôle et de prévention

Si jamais une personne débutait ses symptômes alors qu’elle est au travail, elle devrait être invitée à porter un masque, à se laver les mains et retourner à la maison.

L’entretien de l’immeuble devrait être précisé. Les endroits fréquemment touchés, comme par exemple les poignées de portes les claviers d’ordinateurs, les téléphones doivent être nettoyés plus souvent, par exemple 2 fois par jour,  avec un produit compatible avec leur surface.

Vaccin contre la grippe A H1N1

Le vaccin contre la grippe A H1N1 sera disponible dans tous les pays industrialisés dès l’automne prochain. Bien que plusieurs personnes aient exprimé des réserves, les experts s’entendent pour le recommander. Pour certains groupes considérés plus à risque, le vaccin pourrait être offert en priorité. par contre dans la plupart des pays le vaccin contre la grippe A H1N1 ne sera pas obligatoire.  Les employeurs seraient mal vus ou encore carrément illégaux de l’exiger. Par contre, ils devraient renseigner leurs employés et s’assurer qu’ils ont tous reçu l’information pertinente concernant les indications et les recommandations.

Support aux personnes touchées et impacts psychologiques

L’impact psychologique d’une pandémie de grippe n’est pas négigeable. Un collègue de travail pourait être hospitalisé ou encore quelqu’un dans sa famille pourrait l’être. De plus les personnes qui ne seront pas malades, devront assumer une charge de travail plus lourde dans un contexte inhabituel. Les individus qui fonctionnaient en temps normal à la limite de leur capacité d’adaptation pourraient être dépassés par les événements et décompenser. Des ressources devraient être disponibles pour aider ces personnes et faciliter leur adaptation à ce nouveau stress. Au besoin, la réduction de certaines activités non essentielles pourrait être stratégique et en  réduisant de leur niveau de stress , leur permettrait de continuer à travailler.

Rétroaction en continue et ajustements de la stratégie.

Les personnes qui auront la responsabilité de mettre en place le plan de pandémie devraient être choisies pour leur leadership et leur crédibilité auprès de leurs collègues. Aucun plan d’action ne pourrait être parfait et prévoir toutes les éventualités. Un bon planificateur saura s’ajuster au feedback de ses employés et aux imprévus de la situation.

Impacts financiers

Selon le secteur d’activité de l’entreprise le demande pour les services ou produits pourrait de modifier. Les secteurs du commerce de détail et du  tourisme seront particulièrement affectés.

Il faut prévoir aussi que les fournisseurs peuvent être dans l’impossibilité de remplir leur engagements. Les dépenses non essentielels devraient être révisées et l’impact de la pandémie sur la situation financière de l’entreprise devrait être planifiés.

La meilleure façon de prévenir une infection est de bien la connaître. Nous vous suggérons les pages suivantes pour plus d’informations:

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