sept 17

Une toute petite question en apparence bien simple: pendant combien de jours devriez-vous rester à la maison si vous avez des symptômes de la grippe A H1N1 2009? Ou encore pendant combien de temps risquez-vous de contaminer les personnes qui demeurent avec vous et  quand sauront-elles que le danger qu’elles attrapent votre virus est passé?

Comme bien souvent les questions les plus simples n’ont pas toujours de réponses faciles. On a déjà dit que la nouvelle grippe porcine A H1N1 2009 restait contagieuse de 24 heures avant le début des symptômes jusqu’à  7 jours après. C’est la réponse classique. Les recherches effectuées sur la transmissibilité du virus A H1N1 ne confirment pas toujours cette affirmation.  Voici pourquoi et comment faire votre propre idée à ce sujet.

Premièrement, la méthode utilisée pour vérifier si une personne est toujours contagieuse a une importante capitale. Si on utilise une méthode par PCR (PCR, pour Polymerase Chain Reaction ou amplification en chaîne par polymérisation**)  la période pendant laquelle une personne est contagieuse  risque de paraître faussement plus longue. Pourquoi? Parce que le PCR est une méthode de détection d’ARN du virus de la grippe. Autrement dit, le PCR permet de savoir si la personne émet des fragments de virus. Quelques fragments de virus de la grippe pourraient donner un PCR positif alors que le virus n’est plus viable. En d’autres termes, pour que le virus soit contagieux il doit être vivant!

D’autres chercheurs utilisent la culture virale pour déterminer la contagiosité. Dans une culture virale, le virus doit se répliquer (se multiplier). Une culture virale positive confirme donc que le virus est vivant. Par contre, il pourrait être très affaibli et incapable de survivre à l’environnement extérieur à l’hôte ( ex sur un objet) ou encore incapable d’infecter un personne. Pour infecter quelqu’un, le virus de la grippe doit non seulement être toujours vivant mais il doit avoir conservé un minimum de pouvoir infectieux. Ce pouvoir infectieux est très difficile à confirmer par des tests de laboratoire.

Le virus peut être vivant et infectieux, encore faut-il qu’il quitte son hôte pour contaminer une autre personne. C’est ici que les symptômes de la grippe A H1N1 entrent en jeu. Si la personne tousse et éternue, le virus sera émis en quantité beaucoup plus importante dans l’environnement de la personne malade. Le risque d’être infecté pour une personne qui approche à moins de 2 mètres est alors plus élevé.

D’après deux études présentées lors du congrès de la Société américaine de microbiologie*, le virus de la grippe A H1N1 pourrait persister dans le nez ou la gorge plus longtemps que le virus de la grippe saisonnière, laissant craindre une contagiosité plus longue de cette grippe épidémique.

D’après les travaux d’une équipe des Instituts nationaux de la santé du Québec, menés sur 43 patients, le virus H1N1 pandémique a été détecté chez des 15 % des patients 7  jours après l’apparition des premiers symptômes, mais il était totalement disparu après 10 jours. La seconde étude, menée à l’hôpital Tan Tock Seng de Singapour, montre que le virus est encore présent dans le nez ou la gorge au-delà de cinq jours. Sur 70 patients étudiés, 40% ont été testés positifs au bout de sept jours, 10% au bout de 10 jours.

On sait aussi que l’excrétion du virus de la grippe par une personne malade débute 24 heures avant le début des symptômes et ele est maximale environ au 2e jour. On avait déjà observé que l’excrétion du virus de la grippe saisonnière durait environ 5 jours chez une personne en bonne santé mais que parfois des adultes étaient encore contagieux après 7 jours.

Enfin, il faut noter que les personnes dont le système immunitaire est affaibli risque d’excréter le virus de la grippependant de très longues périodes allant jusqu’à plusieurs mois et même au delà d’un an dans certains cas. De plus les enfants seraient plus à risque d’excréter le virus de la grippe pendant une longue période que les adultes.

Que faut-il en conclure?

Qu’une personne est contagieuse 24 heurs avant le début de ses symptômes, Que sa contagiosité maximale est probablement vers  le 2e jour des symptômes, qu’elle diminue considérablement lorsque les symptômes sont résolus mais qu’une excrétion virale peut se prolonger pendant plusieurs jours par la suite, peut-être jusqu’au 10e jour des symptômes ou même plus.

On doit aussi tenir compte du type de contact que l’on a avec les autres et de la vulnérabilité de l’autre. Par exemple, une personne qui ne tousse plus et qui n’a plus de toux ni de fièvre serait possiblement peu à risque pour ses compagnons de travail si ceux-ci sont en bonne santé. Par contre, une personne qui est immunosupprimée et qui a encore des symptômes, même après après 8 jours devrait prendre des précautions pour protéger ses contacts vulnérables,  par exemple si elle devait consulter dans une clinique médicale où il y a d’autres immunosupprimés  ou encore des femmes enceintes.

La meilleure façon de prévenir une infection est de bien la connaître. Nous vous suggérons les pages suivantes pour plus d’informations:

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sept 17

Le gouvernement du Canada vient d’annoncer officiellement qui seront les premières personnes à être vaccinées contre le virus de la grippe A H1N1 2009. Il s’agit des personnes qui sont le plus à risque de complications à cause de leurs conditions socio-économiques et de leur mode de vie, de leur accès aux soins de santé et de leurs risques élevés d’exposition au virus de la grippe H1N1. On vaccinera aussi en priorité les personnes qui sont à risque de transmettre le virus aux personnes qui ne peuvent pas être vaccinées.

Le gouvernement du Canada fera un effort supplémentaire pour vacciner contr le virus A H1N1 les autochtones car ces communautés sont plus jeunes; elles sont souvent plus désavantagées socio-économiquement par rapport à l’ensemble des Canadiens; leur pourcentage de femmes enceintes est généralement plus élevé; leur taux de maladies chroniques non diagnostiquées est plus élevé et ces populations habitent généralement dans des communautés éloignées et isolées.

Voici les groupes qui ont été retenus:

1. Personnes qui bénéficieront le plus de l’immunisation et personnes qui leur dispensent des soins

Personnes atteintes d’états chroniques âgées de moins de 65 ans (liste du Comité consultatif national de l’immunisation – CCNI)

Justification : risque plus élevé de complications; les personnes de plus de 65 ans ont été les moins touchées jusqu’à ce jour; les modèles de risque portent à croire que l’immunisation de ce groupe diminuera la morbidité et la mortalité de la population en général, dans une plus grande mesure que l’immunisation des enfants (c.à.d. les groupes ayant le taux de contamination le plus élevé)

Femmes enceintes

Justification : risque plus élevé d’être atteintes gravement; protection de leurs enfants à naître1

Enfants âgés de 6 mois jusqu’à moins de 5 ans

Justification : les enfants âgés de 6 à 23 mois sont exposés à un risque particulier d’être atteints gravement ou d’être hospitalisés et ils constituent une priorité parmi ce groupe. Les enfants âgés de 2 ans à moins de 5 ans ont été inclus dans ce groupe pour les raisons suivantes :

  • ils sont exposés à un risque plus élevé d’être atteintes gravement ou d’être hospitalisées comparativement aux enfants plus âgés,
  • du point de vue des opérations de ciblage et d’administration du vaccin, la classification dans une catégorie unique des enfants âgés de 6 mois à moins de 5 ans permet d’englober effectivement tous les enfants d’âge « préscolaire »
  • Remarque : l’administration du vaccin pourrait ne pas être autorisée aux enfants âgés de moins de 6 mois.

Personnes qui résident dans des localités ou des communautés éloignées et isolées

Justification : accès limité aux soins médicaux, possibilité de procéder à l’immunité collective et de prévenir l’infection; il est plus facile, du point de vue logistique, de cibler la communauté dans son intégralité; équité, concentration élevée de personnes atteintes d’états chroniques, morbidité et mortalité constatées dans certaines communautés éloignées des autochtones

Travailleurs de la santé (tous les travailleurs de la santé qui participent à l’intervention de lutte contre la pandémie ou qui dispensent des soins de santé essentiels*)

Justification : prévenir la transmission de la maladie aux patients vulnérables par l’intermédiaire des travailleurs de la santé; prévenir des éclosions; protéger les travailleurs de la santé (réciprocité) et protéger l’infrastructure essentielle de la santé

Tous les travailleurs de la santé qui participent à l’intervention ou à la prestation de services essentiels de santé :

  • ceux et celles qui  prodiguent des soins directs aux patients ainsi que ceux et celles qui apportent du soutien à  la prestation de services de soins de santé
  • y compris le personnel à temps plein, à temps partiel, les étudiants, les visiteurs réguliers et les bénévoles, c’est-à-dire toutes les personnes exerçant une fonction dans le cadre des soins de santé
  • les établissements comprennent les services de soins actifs, les services de soins aux malades chroniques, les services de soins ambulatoires et communautaires, les services de soins médicaux d’urgence, ainsi que les laboratoires, les ministères de la santé publique, les pharmacies, etc.
  • comprend la Société canadienne du sang/Héma Québec et les fabricants de vaccins

Les personnes qui résident avec des personnes à risque élevé qui ne peuvent pas être immunisées ou qui pourraient ne pas bien répondre au vaccin, ainsi que les personnes qui leur prodiguent des soins

  • nourrissons âgés de moins de 6 mois
  • personnes immunodéficientes

Justification :protection indirecte des personnes à risque élevé qui ne peuvent pas être immunisées ou qui pourraient ne pas répondre au vaccin

Autres segments de la population ayant été désignés comme étant à risque élevé.

2. Autres personnes qui bénéficieront de l’immunisation

Enfants de 5 à 18 ans (inclusivement)

Justification : en raison du taux élevé de contamination constaté dans ce groupe d’âge, ces enfants doivent être  désignés comme une priorité dans cette phase du programme d’immunisation afin de réduire la transmission du virus; les enfants ont été désignés comme une priorité dans les consultations publiques

Premiers intervenants (policiers, pompiers)

Justification : se rendent souvent à des situations d’urgence médicale accompagnant les services médicaux d’urgence (SMU)

Ouvriers de l`industrie avicole et porcine

Justification : prévenir la possibilité de réassortiment génétique du virus

Adultes de 19 à 64 ans (inclusivement)

Justification : risque accru d’être atteints gravement par la grippe H1N1

Adultes âgés de 65 ans et plus

Justification : taux de contamination peu élevés, possibilité de réponse limitée au vaccin

Pour lire l’annonce officielle ou encore pour surveiller les mises à jour, consultez le site de Santé Canada.

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