oct 15

La première pandémie du XXIième siècle marquera l’histoire pour plusieurs raisons. Parmi ces raisons, la facilité avec laquelle l’information aura circulé sera sûrement un fait marquant.  Le premier cas de grippe A H1N1 2009 dans un pays était connu de toute la planète en quelques heures. Il est possible de savoir exactement le nombre de cas de résistance du virus de la grippe A H1N1 2009 à l’oseltsmivir (Tamiflu) dans le monde.

Maintenant à peu près tout le monde peut transmettre de l’information à la planète entière. On essaie de faire passer ses idées et jusqu’à maintenant les opposants à la vaccination contre la grippe A H1N1 2009 y réussissaient très bien. Il faut dire que leur travail est relativement facile et qu’ils ont peu de mérite. Ils n’ont qu’à semer un doute et c’est fait. L’être humain est ainsi constitué qu’une personne  accepte plus facilement de faire une erreur par omission qu’en prenant une décision. Par exemple, la plupart des gens indécis face au vaccin contre la grippe A H1N1 2009 vont préférer risquer de faire la grippe  que de se faire vacciner.

Un petit exercice d’analyse de l’information véhiculée par les opposants à la vaccination pourrait être enrichissant et surtout pourrait favoriser un consentement éclairé. N’est-ce pas là le but ultime? Que tous et chacun prenne une décision en connaissant la vérité?

Lorsque l’on lit un article ou  un site web il faut se poser quelques questions.

La source est-elle crédible?

Qui croire? Votre médecin? Un spécialiste en maladies infectieuses? Les autorités de santé publique? Demandez-vous d’abord qu’elle est la formation de votre source de d’information. Un épidémiologiste spécialisé en maladies infectieuses risque d’avoir plus de connaissance qu’un illustre inconnu ou qu’un producteur de film qui connaît quelqu’un qui eu eu des problèmes après un vaccin contre la grippe…

Comparez les sources d’informations crédibles. Est-ce que le ministère de la santé de la France, de la Belgique, du Canada, l’Organisation mondial de la santé, les Centers for Diseases Control and Prevention aux États-Unis disent à peu près la même chose? Pour ce qui est de la grippe A H1N1 2009, les informations actuelles se ressemblent de plus en plus à mesure que la maladie est connue. En général les sources peu crédibles vont tenter de miner la crédibilité des autres en parlant de machination et de manipulation de l’information.  Elles vont faire planer une menace par exemple en disant que la vaccination contre la grippe A H1N1 2009 sera obligatoire dans votre pays. En général l’information véhiculée sera sans nuances. Ils semblent avoir les réponses à tout.

Méfiez-vous aussi des sites où l’information provient principalement des lecteurs qui racontent leur histoire personnelle. Si un enfant non vacciné  n’a pas été malade, cela ne constitue pas une preuve scientifique que les vaccins sont dangereux. Peut-être qu’il n’a tout simplement pas été malade parce que tous ses amis sont vaccinés.

Un autre moyen de se faire une idée de la crédibilité de la source peut-être de se demander quels sont ses intérêts. Vous remarquerez que bon nombre de sites opposés à la vaccination annoncent sur leur site des vaccins, ou encore des moyens alternatifs de lutter contre la grippe A H1N1, des livres ou encore des conférences payantes. Votre médecin ne sera pas payé plus cher pour répondre à vos questions.

Souvent l’information qui y est véhiculée cherche à provoquer. Dans la quasi totalité des cas il y a un manque flagrant de plausibilité scientifique, ou encore on prend une phrase d’un article et on l’extrapole hors contexte. Par exemple, dire que  90% des personnes qui font la coqueluche sont vaccinées donc le vaccin n’est pas efficace, n’est pas nécessairement une preuve que le vaccin n’est pas efficace. Si tout le monde est vacciné et que le vaccin est effficace à 90%, il y aura certainement des cas de coqueluche qui avaient été vaccinés. Ce qu’il faudrait savoir c’est combien de cas de coqueluche observe-t-on suite à l’utilisaton de ce vaccin et surtout est-ce que le nombre d’hospitalisations ou de décès secondaires à la coqueluche a diminué.

Certaines hypothèses sont si farfelues que le lecteur n’a pas besoin de connaissance scientifiques pour savoir qu’elles sont fausses. Les vaccins actuels ne contiennent pas de nanoparticules destinées à rendre votre cerveau contrôlable à distance. Pourtant c’est une rumeur que l’on peut retrouver facilement sur internet.

Souvent des doutes minent la crédibilité des sources fiables et alors les organismes publics doivent s’engager dans les recherches longues et couteuses uniquement pour prouver que la maladie n’est pas liée au vaccin. L’exemple du vaccin contre la rougeole et de l’autisme en est un bel exemple. La plupart des auteurs de l’étude ont avoué s’être trompé, le médecin responsable a été discrédité , la revue qui a publié l’article s’est excusée. Mais tout celà n’a pas empêché des milliers de parents de refuser la vaccination, ce qui a entrainé des décès par le virus de la rougeole.  Le problème avec ce genre de controverse, c’est que les millions de dollars qui sont investis pour tenter de prouver que le vaccin n’est pas dangereux ne peuvent pas être utilisés pour chercher les vraies causes de la maladie.

Si mon enfant était autistiques, je tiendrai responsable les auteurs des ces études et les personnes qui véhiculent des messages  de peur pour avoir fait perdre de précieuses années à la recherche.

Et vous?, n’êtes vous pas le meilleur juge de ce qui est bon pour votre santé? Vous méritez une information fiable et complète. Exigez-là et posez des questions, c’est votre droit. Ne vous laissez pas influencer pas les beaux parleurs, appuyez-vous sur les faits. Demandez à un  intensiviste (spécialiste en soins intensifs) qui a vu 5 lits de soins intensifs occupés par des jeunes en détresse respiratoire et ventilés mécaniquement suite à une infection par le virus de la grippe A H1N1 2009 s’il fera vacciner ses enfants.

Michel médecin

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