Vaccin contre la grippe et grossesse: un risque calculé pour la femme enceinte.

Vaccin contre la grippe et grossesse: un risque calculé pour la femme enceinte.
Vaccin contre la grippe et grossesse: un risque calculé pour la femme enceinte.

 

Le Haut Conseil de la santé publique recommande que toutes les femmes enceintes reçoivent le vaccin contre la grippe car les femmes enceintes présentent un risque accru de complications pulmonaires et cardiaques et d’hospitalisation. De plus, les nourrissons âgés de moins de 6 mois ont un risque élevé d’être hospitalisés et un risque augmenté de décéder de la grippe.

Décider de recevoir le vaccin contre la grippe est une décision qui doit se faire en toute connaissance de cause. Les avis des experts peuvent varier d’un pays à l’autre.

Voici les faits qu’il faut savoir pour prendre une décision éclairée.

  1. Les femmes enceintes sont plus susceptibles d’avoir des complications pulmonaires et cardiaques et d’être hospitalisées suite à une grippe surtout à partir du 2e et du 3e trimestre de la grossesse. Ces données connues de longue date, ont été confirmées à l’occasion de la pandémie de grippe de 2009 qui a été, en plus, marquée par un nombre élevé d’hospitalisations en réanimation pour des complications respiratoires graves nécessitant des thérapeutiques agressives.
  2. Les nourrissons de moins de 6 mois sont eux aussi plus à risque  d’hospitalisation, de complications de la grippe et de décès. Le risque d’hospitalisation des nourrissons âgés de moins de 6 mois est deux fois plus élevé que celui des nourrissons âgés de 6 à 12 mois et, globalement, le risque d’hospitalisation des nourrissons âgés de moins de 1 an est équivalent à celui des adultes à risque.  Une étude des Centers for Diseases Control and Prevention (CDC) a montré que le taux de mortalité lié à la grippe chez l’enfant est  maximal chez le nourrisson âgé de moins de 6 mois. Les enfants de moins de 6 mois ne peuvent recevoir de vaccin contre la grippe.
  3. Le vaccin contre la grippe protège les nourrissons de moins de 6 mois pendant leurs 6 premiers mois de vie. Le passage transplacentaire des anticorps maternels contre la grippe est bien documenté et permet de conférer une protection aux nouveau-nés  qui ne peuvent être vaccinés avant l’âge de 6 mois. Ceci a été démontré dans une étude prospective randomisée portant sur 340 femmes vaccinées au cours du 3e trimestre de la grossesse. Dans cette étude, les nourrissons étaient suivis jusqu’à l’âge de 24 semaines, permettant de mettre en évidence un effet protecteur conféré par la vaccination contre la grippe de la mère avec une réduction du nombre d’infections respiratoires chez les nouveau-nés jusqu’à 24 semaines de vie : réduction de 63 % (95%CI, 5-85) des grippes confirmées par un examen virologique, de 29 % des infections respiratoires toutes causes confondues et de 49 % du nombre de consultations pour signes respiratoires fébriles. Cette efficacité a été confirmée plus récemment dans deux autres études, une étude cas-témoins et une étude de cohorte.
  4. La grossesse n’influence pas la réponse du système immunitaire au vaccin contre la grippe. La vaccination contre la grippe administrée chez la femme enceinte induit une réponse immunitaire comparable à celle obtenue chez la femme non enceinte, et une réduction des épisodes pulmonaires fébriles.
  5. Les vaccins vivants contre la grippe sont contre-indiqués chez les femmes enceintes. Les vaccins vivants en général, tel que le vaccin intranasal Flumist, sont contre-indiqués pendant la grossesse. En effet, on ne connaît pas assez leur risque potentiels sur la grossesse et le foetus.
  6. La grossesse n’est pas une contre-indication à recevoir le vaccin contre la grippe pour une femme enceinte qui présente des facteurs de risque de complications. Parmi les conditions qui augmentent le risque de complications de la grippe il y a:
    • Troubles cardiaques ou pulmonaires chroniques assez graves pour nécessiter un suivi médical régulier ou des soins hospitaliers, entre autres :
      • dysplasie broncho-pulmonaire;
      • fibrose kystique;
      • maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC);
      • emphysème;
      • asthme.
    • États chroniques tels que :
      • diabète ou autres troubles métaboliques chroniques;
      • troubles hépatiques, y compris la cirrhose;
      • troubles rénaux;
      • troubles hématologiques, y compris l’hémoglobinopathie;
      • cancer;
      • déficits immunitaires, y compris l’infection par le VIH;
      • immunosuppression causée par la radiothérapie, la chimiothérapie ou des médicaments antirejet.
    • Conditions médicales qui peuvent affecter la capacité d’expulser des sécrétions respiratoires et la capacité d’avaler, entre autres :
      • trouble cognitif;
      • lésion médullaire;
      • trouble convulsif;
      • troubles neuromusculaires;
      • obésité morbide.
  7. Pour les femmes enceintes qui  sont en bonne santé les recommandations varient selon la façon dont on estime la sécurité du vaccin particulièrement en début de grossesse. Par exemple la France et le Royaume-Uni recommandent la vaccination contre la grippe aux femmes enceintes quel que soit le stade de grossesse. Au Québec, on recommande que la femme enceinte reçoive le vaccin contre la grippe à partir du 2e trimestre ( 13e semaine). Les raisons de cette différence de recommandation résident dans l’évaluation du risque de recevoir le vaccin contre la grippe pour une femme enceinte en bonne santé au début de la grossesse. Les experts du Québec, évaluent que si un risque de complication de la grossesse est très rare, les études actuelles n’ont pas la robustesse nécessaire pour le mettre en évidence. Autrement dit,  le nombre de femmes enceintes qui ont été vaccinées contre la grippe n’est pas suffisant pour mettre statistiquement en évidence un faible risque de complications.

Si vous êtes enceinte vous ferez-vous vacciner contre la grippe et à quel stade de votre grossesse?

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