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avr 06
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La nouvelle fait la manchette: 21 personnes infectées par le virus de la grippe aviaire H7N9 dont 6 décès. Le virus de la grippe aviaire H7N9 a été retrouvé dans 2 nouveaux marchés à Shanghaï. Les ventes de volailles vivantes ont donc tous été fermés ce samedi sur les marchés de la capitale économique chinoise.
Bien que la transmission de personne à personne n’ait pas été démontrée, les autorités chinoises et internationales s’inquiètent déjà. Elles se souviennent de l’épidémie de SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) en 2002-2003 qui avait fait environ 8000 malades dont 800 morts.
Que signifie H7N9 ?
Les virus de la grippe doivent leurs noms à deux antigènes ou protéines présentent à la surface du virus.
Le nom H9N7 indique que le virus présente à sa surface la combinaison de deux molécules-antigènes :
- l’hémagglutinine de type 9
- la neuraminidase de type 7
L’hémagglutinine (HA) est une glycoprotéine antigénique responsable de la fixation de la particule virale à un récepteur situé sur la cellule cible. Le nom hémagglutinine provient de la faculté de la protéine à agglomérer les globules rouges. Les différentes hémaglutinines sont nommées avec des chiffres pour les distinguer.
La neuraminidase est une classe d’enzymes de type glycoprotéine antigénique trouvée sur la surface des virus de la grippe. Les neuraminidases existent sous neuf sous-types connus (N1 à N9), la plupart intervenant naturellement dans le système digestif de diverses espèces de canards et poulets, mais seuls les sous-types N1 et N2 (proches des enzymes glycoprotéiques humaines comme les amylases salivaires ou intestinales) étaient connues pathogènes chez l’homme et sont liés aux épidémies grippales. Après réplication du virus à l’intérieur de la cellule, la neuraminidase du virus permet le scinder une protéine à la surface de la cellule et permet ainsi le relargage du virus qui se dissocie de la membrane cellulaire et peut ainsi infecter d’autres cellules.
Bref si l‘hémagglutinine est l’antigène qui permet de coller le virus à la cellule, la neuraminidase permet de le libérer afin qu’il infecte d’autres cellules.
Quels sont les symptômes de la grippe H7N9 chez les humains et chez les animaux?
Les symptômes de la grippe aviaire H7N9 incluent de la fièvre et des problèmes respiratoires comme de la toux et de l’essouflement, y compris des pneumonies sévères.
Chez les animaux cette grippe peut passer inaperçue. C’est une source d’inquiétude pour les autorités car les animaux malades sont ainsi très difficiles à identifier.
Pour l’instant, au Canada, le virus de la grippe A H7N9 n’a pas été observé chez des oiseaux migrateurs et aucun cas de maladie humaine n’a été signalé.
Quelle est la situation actuelle?
Depuis février 2013, 21 cas d’infection ont été identifiés dans un vaste territoire dans l’Est de la Chine et 6 personnes sont décédées. Les derniers cas remontent au 4 avril 2013. Jusqu’à présent, en plus des humains, le virus a été retrouvé chez des poulets, des canards et des pigeons destinés à la consommation. Des milliers de vollailes ont été abattues. Des marchés de vente de vollailes vivantes ont été fermés à Shangai. Des scientifiques qui ont analyés le séquençage de l’ADN du virus H7N9 pensent que le virus de cette grippe aviaire pourrait aussi se transmettre à d’autres mammifères.
Quelle est l’origine du virus?
L’origine du virus de la grippe H7N9 est actuellement inconnue. Une enquète est en cours pour déterminer si la découverte de milliers de carcasses de porcs dans une rivière près de Shangai est lié à la grippe aviaire H7N9.
Il existe d’autres virus qui causent de la grippe aviaire, pourquoi les autorités semblent s’inquiéter plus spécifiquement pour la grippe H7N9?
Les cas humains sont répartis sur un vaste territoire en Chine et ne semblent pas tous reliés entre eux. Tout ceci laisse supposer que d’autres cas chez les volailles et peut-être chez les humains n’ont pas été diagnostiqués, ce qui pourrait rendre l’étendue de l’épidémie impossible à évaluer précisément. De plus, les oiseaux infectés n’ont pas de symptôme. Il est donc impossible de les identifier et leur contrôle est très compliqué sinon impossible. Bref il est probable que plusieurs volailes et qui sait d’autres animaux soient actuellement infectés dans l’Est de la Chine.
Des cas humains infectés mais non encore diagnostiqués sont probables. À tout moment le virus pourrait muter et acquérir la capacité de se transmettre d’une personne à l’autre. Le taux de mortalité actuel (6 décès pour 16 cas d’infection) ne présage rien de bon. (Il faut par contre préciser que si le virus H7N9 acquérait la capacité de se transmettre de personne à personne ce taux de mortalité devrait baisser de façon considérable)
De plus, le système immunitaire des humains n’a que rarement, sinon jamais, été confronté au virus de la grippe aviaire H7N9. Contrairement à d’autres pandémie de grippe où les personnes âgées jouissaient d’une certaine forme de protecttion car elles avaient déjà été exposées dans leur jeunesse à une variante du virus en circulation, ceci ne s’applique pas pour le virus de la grippe H7N9.
Bref, il n’est pas surprenant que les autorités de santé publique, qui habituelement tentent de rassurer la population, semblent cette fois-ci s’inquiéter plus qu’à l’habitude.
D’un côté plus optimiste, des recherches sont déjà en cours our fabriquer un vaccin contre le virus de la grippe aviaire H7N9.
À suivre…
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